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L'AUT 85 œuvre pour une amélioration des dessertes pour les déplacements par trains, ter, bus, autocars, vélos, sur le département et sur la région des Pays de Loire

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Travaux de rénovation ferroviaire

3/04/2011

 

Pépy : «Il paraît juste qu'une fiscalité écologique finance le ferroviaire»

Le patron de la SNCF explique à « La Croix » sa volonté de développer « une entreprise française d’éco-mobilité à dimension internationale»
Guillaume Pepy, président de la SNCF

 

La Croix : Les Français ont plutôt mal vécu la multiplication des incidents à la SNCF. Comment comptez-vous améliorer l’image de l’entreprise?

 

Guillaume PEPY : L’exigence des clients de la SNCF a changé et c’est positif. Ils ont désormais des réflexes de consommateurs et en veulent pour leur argent. Sur les incidents, nous nous sommes expliqués avec honnêteté et sans déni. L’année 2010 a été difficile avec deux mois hors normes, marqués par deux grèves lourdes, puis une période de grand froid. Nous avons depuis réagi en lançant des plans d’action sur 12 lignes sensibles dont les premiers résultats, que nous publierons à la fin du mois, sont encourageants.
Nous travaillons avec détermination à l’amélioration de l’information aux voyageurs. Avec Réseau ferré de France (RFF), nous avons engagé un programme sans précédent de travaux sur les infrastructures, mais dans l’immédiat, ceux-ci allongent les parcours ou engendrent des retards. Nous sommes engagés dans une course de vitesse entre la croissance du trafic et le vieillissement et la saturation du réseau ferroviaire.

 

Pourquoi cette urgence?

 

La France des années 1980 et 1990 a laissé vieillir son réseau ferroviaire. À l’époque, on croyait que les autoroutes, les périphériques ou les aéroports allaient devenir la colonne vertébrale des transports. On s’est aperçu depuis, en France mais aussi dans d’autres pays européens, que le transport collectif, et particulièrement le train, constituait le choix le plus raisonnable. Or, certaines lignes, notamment en Île-de-France, sont encore équipées de rails ou de systèmes électriques datant d’avant-guerre.


La course est donc engagée entre la modernisation du réseau et l’augmentation du trafic. Imaginons ce que donnerait une augmentation du trafic de 40 % sur une route datant des années 1930 ! L’urgence est de mettre l’accent sur les réseaux de la vie quotidienne et notamment en l’Île-de-France. En 2011, le SNCF va investir ainsi 2,4 milliards d’euros dans le matériel roulant dont 60 % sur ces trains du quotidien, contre 30 % il y a sept ou huit ans. Avec les conseils régionaux,nous nous engageons fortement pour les TER.

En 2015, 90 % d’entre eux seront neufs ou rénovés. Plusieurs gares sont ou vont être modernisées à Paris comme dans une quinzaine de grandes villes. L’effort de la France en faveur du train est remarquable. Quatre nouvelles lignes à grande vitesse se construisent en même temps, le réseau classique se rénove… La décennie 2005-2015 sera sans doute historique en la matière

 

Le TGV fête ses 30 ans cette année et on semble désormais lui reprocher d’avoir concentré toutes les attentions…

Cet anniversaire est une occasion de réfléchir aux priorités du ferroviaire. Il faut que les TER et les Corail rattrapent le TGV en termes de qualité de service. Nous savons ce que la France et la SNCF doivent à la grande vitesse. Elle a bouleversé la carte du pays par la réduction des temps de trajet, elle a changé les habitudes professionnelles ou les histoires familiales. Le fil rouge de cet anniversaire sera donc « 30 ans d’histoires partagées » avec les Français et les régions.
À la fin de l’année, la mise en service de la ligne Rhin-Rhône, la 7e ligne à grande vitesse française, sera le point d’orgue de ces célébrations. C’est une nouvelle étape qui permettra de se projeter dans l’avenir et d’imaginer le TGV de demain : à dimension européenne, de plus en plus économe en énergie, s’arrêtant dans des gares durables…

 

Comment financer toutes ces ambitions ferroviaires?

 

Le marché, c’est-à-dire les clients, ne peut pas financer le ferroviaire à lui seul. Si nous devions faire payer le vrai prix du train à nos clients, nous ferions rouler peut-être moins de trains. Tout le monde en Europe réfléchit donc à cette équation : jusqu’où peut ou doit participer le client et à partir de quand le contribuable doit-il prendre le relais Le gouvernement a apporté des réponses intéressantes avec la taxe carbone, la décision d’une taxe pour les poids lourds, le débat sur l’eurovignette… Il paraît juste qu’une fiscalité écologique finance le ferroviaire.

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