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Presse Océan du 14/11/2010
SNCF. Inquiétude à la suite de la réduction du trafic entre les deux métropoles
« Nantes-Bordeaux menacé »
Des usagers du train redoutent que la liaison directe entre les deux villes soit à terme supprimée.
Ils sont remontés ces défenseurs du chemin de fer et leurs jugements claquent telle une sentence : « En l’état, la liaison directe Nantes-Bordeaux prend la direction d’une voie de garage »assène Gérard Gautier, représentant nantais de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports. Rapide historique : « Au début des années 2000, on comptait au moins cinq allers-retours chaque jour. Désormais, il n’y a plus que trois rotations en semaine, quatre au mieux le vendredi et le dimanche. Et encore, on a dû sortir les griffes pour éviter de tomber plus bas. » L’offre actuelle relève « du sous-développement » et est jugée « indigne ». « La SNCF dit réduire ses services parce que les passagers ne sont pas au rendez-vous. Mais ce n’est pas avec trois trains que l’on fidélise une clientèle. »
La bataille du rail est engagée. L’association pour la promotion de la voie ferrée Nantes-La Rochelle-Bordeaux vient d’être créée. « Le risque, c’est que la SNCF laisse courir la situation en attendant la mise en place du TGV Atlantique reliant Bordeaux à Tours, note Jean-Bernard Lugadet, secrétaire de la structure. Évidemment, le prix du billet serait plus élevé. Notre objectifs est de prendre les devants et de s’opposer à une telle évolution »
Locos diesel en fin de vie
Même si la SNCF présente une analyse moins pessimiste (lire ci-dessous), les signaux sont au rouge selon l’association. « Le tronçon Luçon-La Rochelle est en mauvais état et aucun programme de modernisation n’est prévu, énumère Jean-Bernard Lugadet. Sur cette portion, le train circule entre 90km/ et 110 km/h. alors que le reste du temps, il peut atteindre 140km/h. Les locomotives diesel sont également en fin de vie. »
Gérard Gautier enfonce le clou : »En 1973, le Nantes-Bordeaux le plus rapide mettait 3h47 contre une durée de 4h aujourd’hui. Ce n’est pas une régression ça ? ».
Yan.gauchard@presse-ocean.com Yan Gauchard
Situation gelée durant trois ans
Statu quo. La SNCF réfute toute menace immédiate sur la ligne Nantes-Bordeaux. Le 4 novembre, le président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé que l’État débloquerait, à partir du 1er janvier 2011, une enveloppe de 300 millions d’euros pour pérenniser et moderniser les quarante lignes de train interrégionaux. Le chef de l’État a également promis le versement d’une subvention exceptionnelle de 210 millions d’euros à la SNCF »pour qu’aucune des quarante lignes ne soient fermée ». La ligne Nantes-Bordeaux fait partie de ce plan. Est également concerné le train Corail de nuit Nantes-Nice, pour lequel les usagers nourrissent de grandes craintes du fait de sa fréquence « irrégulière » « Grâce à la convention signée avec l’État, la situation est gelée durant trois ans, indique la SNCF. Les usagers ont donc l’assurance que les liaisons Intercités évoquées dans ce plan seront maintenues. » Pas question pour autant de se bercer d’illusions : sauf miracle, le renforcement de l’offre sur ces lignes ne sera évidemment pas à l’ordre du jour. « En ce domaine, ce sera à l’État de trancher, selon les besoins évalué » indique-t-on du côté de la SNCF.